Depuis 1972 et la mission Apollo 17, aucun astronaute n’était retourné sur la Lune. Avec la mission Artemis II, dont le décollage a eu lieu le 2 avril à 00h24 (heure française), quatre astronautes sont retournés en orbite lunaire. Il s’agissait du premier vol habité du programme américain de la NASA.

QU’EST-CE QUE LE PROGRAMME ARTEMIS ?

Le programme Artemis est un programme spatial de la NASA, en collaboration avec de nombreux partenaires internationaux, qui vise à ramener des humains sur la Lune de manière durable et à préparer les prochaines missions habitées vers Mars. Le programme s’articule autour de cinq grandes missions.

Artemis I, qui a eu lieu en 2022, était un vol test autour de la Lune, sans équipage. Artemis II, dont le décollage était prévu le 2 avril, a également été un vol test autour de la Lune, mais avec la présence d’un équipage. Artemis III, prévue en 2027, sera une mission test autour de la Terre afin de valider les atterrisseurs commerciaux. Ces trois missions s’inscrivent dans une démarche de répétition générale afin qu’en 2028, avec Artemis IV et Artemis V, des astronautes se posent sur la surface lunaire.

Logo d'Artemis

LA MISSION ARTEMIS 2

Artemis II a décollé du pas de tir Launch Complex 39B du Kennedy Space Center en Floride avec quatre astronautes (trois Américains et un Canadien). Reid Wiseman (NASA) était le commandant de la mission, Victor Glover (NASA) le pilote, Christina Koch (NASA – première femme autour de la Lune) était spécialiste de mission, tout comme Jeremy Hansen qui est devenu le premier Canadien à participer à une mission lunaire.

Les quatre astronautes ont pris place à bord de la capsule Orion spacecraft, propulsée par la gigantesque fusée Space Launch System (SLS). Le décollage était prévu le 2 avril à 00h24 (heure française) et pouvait être retardé jusqu’à deux heures en cas de problème.

L’objectif principal de la mission était de réaliser le premier vol habité autour de la Lune avec le vaisseau Orion. Au cours de cette mission d’une durée de dix jours, l’équipage devait réaliser différentes vérifications :

  • Tester les systèmes de support de vie de la capsule (air, eau, contrôle thermique…) ;
  • Démontrer les performances en vol profond (effectuer plusieurs orbites autour de la Terre, réaliser une injection trans-lunaire et suivre une trajectoire de retour libre, survoler la face cachée de la Lune à une distance d’environ 8 000 km de la surface) ;
  • Tester les phases critiques comme le bouclier thermique de la capsule ;
  • Recueillir des données scientifiques et opérationnelles.

Toutes ces phases de test ont constitué une étape importante vers les missions Artemis IV et V, qui verront le retour d’êtres humains à la surface de la Lune. Une répétition générale comparable à celle de Apollo 8 en 1968.

LE LANCEUR SLS (SPACE LAUNCH SYSTEM)

Pour que les missions Artemis soient un succès, la NASA a dû développer un lanceur « super-lourd » appelé SLS pour Space Launch System. Après le lanceur Saturn V des missions Apollo, il s’agit de la fusée la plus puissante jamais construite par l’agence spatiale américaine. D’une hauteur de 98 mètres pour une masse au décollage d’environ 2 600 tonnes, la SLS développe une poussée de 39 000 kN au décollage, soit l’équivalent d’environ quinze Airbus A380, l’avion commercial le plus gros au monde.

Pour atteindre cette puissance, la fusée SLS est composée de 3 étages :

  • 2 propulseurs à propergol solide, assurant plus de 75% de la poussée totale au décollage ;
  • L’étage central (Core Stage), propulsé par 4 moteurs ;
  • L’étage supérieur (ICPS – Interim Cryogenic Propulsion Stage), équipé d’un seul moteur pour réaliser l’injection trans-lunaire.
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LA CAPSULE ORION

La capsule Orion constitue la partie pressurisée et habitable du vaisseau. Elle est positionnée au sommet du lanceur SLS. C’est dans cette partie que sont installés les astronautes pendant toute la durée de la mission. D’une hauteur de 3,3 m pour un diamètre de 5 m, la capsule Orion est également composée de son module de service European Service Module (ESM). Construit par Airbus Defence and Space, c’est une contribution majeure de l’Agence spatiale européenne et un élément essentiel de la capsule Orion. Il apporte les équipements nécessaires à son bon fonctionnement : panneaux solaires, systèmes électriques, réservoirs d’eau et d’oxygène, contrôle thermique, propulsion, etc.

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Et pour tout savoir des vols habités et de la conquêtes spatiale, ne manquez pas « Destination Lune, la quête de l’eau » du 02 septembre au 1er novembre 2026 !